RPS/CPO N°2- Le risque: « temps de travail »

LE RISQUE LIE AU TEMPS DE TRAVAIL :

Il peut dépendre de plusieurs facteurs :
  • Nombre d’heures : C’est le caractère excessif ou sur la journée, ou sur la semaine, ou sur le mois qui provoque le risque fatigue, difficultés à récupérer, appauvrissement de la vie sociale et culturelle. Par exemple au-delà de 7 à 9 heures de travail, les risques d’accident tendent à augmenter et cette augmentation est plus que linéaire.
  • Travail de nuit : de 21 heures à 6 heures
  • Travail posté : Le travail posté affecte les rythmes circadiens d’une façon voisine du décalage horaire.
  • Horaires antisociaux (du soir, de nuit et du week-end)
  • Extension de la disponibilité (au-delà des horaires prévus)
  • Présentéisme : Le présentéisme  désigne le fait de travailler alors qu’on aurait des raisons de santé pour être en arrêt maladie
On pourrait travailler assez longtemps sans dommage dans un travail épanouissant, mais pas dans un travail intense, répétitif, où l’on jouit d’une autonomie faible et où l’on est isolé ou encore dans un travail physiquement très exigeant ou au contraire sédentaire.

LES CONSEQUENCES DIRECTES ET IMMEDIATES:

  • Le fait de devoir une disponibilité sans limite peut provoquer des dépassements fréquents des horaires et une disponibilité étendue, en particulier pour les cadres.
  • Les horaires décalés ou atypiques, qui sont très nombreux dans les hôpitaux, créent un déphasage par rapport aux rythmes de vie familiale et sociale.
  • Les horaires de travail des deux membres d’un couple peuvent faire qu’ils disposent de très peu de temps en commun.
  • Les difficultés de conciliation ont des répercussions sur la santé mentale : elles sont associées à des troubles de l’humeur, des troubles anxieux.

LES CONSEQUENCES INDIRECTES et A PLUS LONG TERME :

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L’impact des difficultés de conciliation entre travail et hors travail sur la santé est attesté par de nombreux travaux. Des études longitudinales montrent un lien entre :
  • Allongement des horaires : accroissement du tabagisme, prise de poids.
  • Horaires longs : obésité des enfants, erreurs graves aux conséquences parfois catastrophiques, difficultés de conciliation entre travail et hors travail.
  • Travail de nuit : troubles du sommeil, dette chronique de sommeil, déséquilibre nutritionnel et troubles digestifs.
    Les études épidémiologiques s’accordent sur le fait qu’à long terme, le travail de nuit provoque une sur-fatigue, une usure prématurée de l’organisme et à long terme, le travail de nuit favorise l’apparition de cancers.
  • Travail posté : affections les rythmes circadiens d’une façon voisine du décalage horaire. Ce qui se traduit par une consommation accrue de médicaments psychotropes et un absentéisme élevé. Le travail posté interfère avec la vie familiale.
  • Horaires antisociaux : à la différence du travail de nuit, les horaires de travail dits « antisociaux » créent des risques pour la santé, non pas tant en perturbant les rythmes biologiques que parce qu’ils entrent en conflit avec les rythmes de la vie familiale et sociale.
  • Présentéisme : une présence abusive sur le lieu de travail mène à un état pathologique de surmenage. Il existe un lien entre présentéisme et absentéisme : un fort taux de présentéisme préfigure un fort taux d’absentéisme.

 

LA PREVENTION QUE FO ESTIME NECESSAIRE POUR REDUIRE LE RISQUE « TEMPS DE TRAVAIL »:

  • Le nombre d’heures de travail doit impérativement respecter les limites imposées par la réglementation soit  9 heures le jour, 10 heures la nuit et exceptionnellement 12 heures.
  • Les heures supplémentaires ne doivent répondre qu’aux urgences non programmées.
  • Les temps de repos sont impératifs : 20 minutes si la journée va au-delà de 6 heures, 12 heures entre deux journées, 4 jours de repos par quinzaine, deux d’entre eux, au moins, devant être consécutifs dont un dimanche.
  • Le travail de nuit doit faire l’objet d’un suivi médical particulier et si possible ne pas dépasser 10 ans dans la carrière.
  • Le travail posté (en équipe) doit faire l’objet d’un rythme régulier. Les changements d’amplitudes horaires doivent s’opérer dans le sens horaire, c’est-à-dire passer du matin à l’après-midi, de l’après-midi à la nuit et de la nuit au matin et non l’inverse.
  • Les horaires du soir, de nuit et du week-end, doivent prioritairement faire appel aux volontaires et en tout état de cause ne pas dépasser les limites imposées par la réglementation. Par exemple un dimanche de repos minimum toutes les deux semaines. (article 6 du décret 2002-9 du 4 janvier 2002)
Chacun doit pouvoir comparer ce risque et ses conséquences aux mesures qui sont prises pour l’éviter. Le résultat détermine la volonté de l’employeur de le réduire.
DG
 
nota: Ces fiches reposent essentiellement sur les conclusions du collège d’experts présidé par Michel Gollac qui figurent dans un rapport remis au Ministre du travail.  
Un prochain document sur les 12 heures de travail quotidien complètera cet article.
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3 comments for “RPS/CPO N°2- Le risque: « temps de travail »

  1. Bouli
    1 août 2011 at 12 h 12 min

    Mais c’est bien pour cela que les directions ont fait en sorte de passer le message dans les instituts de formation pour pousser les futurs jeunes diplomés en leur fesant miroité que les 12hrs, plus de repos, moins frais d’essence, plus de periode pour partir en amoureux de profiter et hop, ils arrivent dans les services, ouah les 12hrs se seraient bien et hop on si retrouve tous. L’hopital coutent chère alors youpi les 12hrs on va faire des économies en moyenne 6% de charge salariale en moins, mais merde je serais comment a ma retraite ? (15kg de pris en 7 mois passer en 12hrs), travail recupérer et rien d’autres merci les 12hrs et après quand on est en arrêt on entend je vais le faire contrôler. Mon grand pere qui c’est battu en 1936 doit se retourner dans sa tombe.

  2. 12 juillet 2011 at 11 h 23 min

    il est difficile de faire entendre toutes ces infos aux jeunes IDE
    qui ne voient que les jours de repos.
    le travail en 12h est mis en place à leur demande, apres un vote négatif en CHSCT et avec l’accord des directeurs cela peut engender des conflits de génération entre les + jeunes et les autres.

    • katia ardeche
      20 juillet 2011 at 9 h 45 min

      OUI CELA EST VRAI. L’AMPLITUDE HORAIRE N’EST PAS VECU DE LA MËME MANIERE SI ON A 20 ANS OU 40 ANS ET PLUS.
      de plus les jours de repos étant plus nombreux ,les agents sont corvéables à souhait.
      Attention aux dérives, cela ne réduit pas les heures supplémentaires au contraire.
      Avis aux jeunes , on ne reste pas jeune toute sa vie.Le corps a ses limites.

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