Absentéisme: Arrêtons le massacre!

S’il faut un grand emprunt, c’est sur la prévention qu’il faut l’orienter!

L’absence d’un minimum de connaissance en sciences humaines et en gestion des comportements, exclut un nombre important de DRH hospitaliers de la nécessaire compréhension des problèmes que les travailleurs hospitaliers connaissent.

Ainsi, il n’y a pas ou peu de culture de la prévention des risques professionnels à l’hôpital. Sur ce point les DRH hospitaliers, mais plus généralement les Directeurs d’hôpital, à l’exception de quelques uns très minoritaires, n’ont aucune notion de la prévention. Il faut savoir par exemple que le module « stress au travail » de l’Ecole des hautes Etudes en Santé Publique de Rennes, ne dure que 3 heures sur 3 mois de stage de « spécialisation » DRH.

Pour de trop nombreux directeurs, la prévention est une dépense superflue que les hôpitaux n’ont pas les moyens de s’offrir.Il existe pourtant à côté de la Caisse Nationale de Retraite des personnels hospitaliers et des collectivités territoriales, la CNRACL, un Fond National de Prévention qui promeut la prévention des risques professionnels.[1]

Selon le dernier rapport publié [2], depuis 1998 la proportion d’agents radiés des cadres pour invalidité n’a cessé d’augmenter pour s’établir à plus de 10 % depuis 2006. C’est ainsi qu’au 31 décembre 2008, le régime comptabilise 63 211 allocataires dont 60 % sont des retraités et 40 % sont toujours en activité.

Pourtant, L’INRS a consacré un dossier à « l’analyse coût-bénéfice des actions de prévention »[3], (ci-dessous) et qui porte sur le risque de manutention pour le personnel soignant. Dans un cas étudié, comparable aux statistiques nationales du secteur hospitalier, l’évaluation montre, avec l’hypothèse d’une réduction de 60% des accidents de travail, que les investissements en prévention sont rentabilisés au terme de 3,3 années. Cette étude souligne l’intérêt du recours à l’évaluation coût-bénéfice dans le cadre d’investissements en prévention. Elle conclut en soulignant « qu’il faut aussi considérer des bénéfices moins tangibles comme l’amélioration de la productivité, l’amélioration de la qualité de vie au travail et de l’image de l’hôpital »

L’étude de l’INRS:
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Mais à l’hôpital il est préféré l’immédiateté du résultat financier à la qualité durable. C’est une erreur fondamentale qui amène l’hôpital dans le mur!

Ne pas prendre des mesures conduit à une augmentation exponentielle de la maladie. Voir à ce sujet:

EVOLUTION DE L’ABSENTEISME MALADIE et notre article s’y rapportant:

Il est donc temps d’agir.

Toutes les propositions FO qui sont contenues dans ce blog pour l’amélioration des conditions de travail des personnels hospitaliers doivent être mises en œuvre.

Il y en a qui ne coûtent rien! L’écoute, le respect des plannings de travail, la régularité des jours de travail et de repos, les réunions d’échanges entre les professionnels, la reconnaissance du travail, …. sont autant de points qui permettront d’améliorer les conditions de travail, et donc de fidéliser les personnels, de stabiliser les équipes, d’augmenter le temps de présence et donc, d’améliorer la qualité du travail et des soins.

Il faut arrêter le massacre de la qualité des soins et de la qualité des conditions de travail.

DG

 

[1] Le Fonds national de prévention (FNP) a été créé par l’article 31 de la loi 2001-624 du 17 juillet 2001. Placé au sein de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), il est géré par la Caisse des dépôts et consignations (Caisse des Dépôts).

[2] Bilan du FNP 2007-2009

[3] Enjeux statistiques l’Institut National de Recherches et de Sécurité « Hygiène et Sécurité du Travail » n°215 de juin 2009 : « analyse des coûts-bénéfice des actions de prévention – exemple de manutention pour les personnels soignants »

 

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