VIOLENCE EN PSYCHIATRIE !

Le mauvais rapport de l’IGAS !

Le 31 mai 2011, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publiait un rapport intitulé « analyse des accidents en psychiatrie et propositions pour les éviter ».

Ce rapport de 200 pages, établi par le Docteur  Françoise Lalande et Carol Lepine, a été demandé par les ministères de la santé, de la justice et de l’intérieur pour tirer les enseignements de 19 homicide survenus dans les hôpitaux psychiatriques au cours des cinq dernières années et sur de nombreuses agressions dont ont été victimes les malades et les soignants.

Dans un premier temps le rapport dresse un état des lieux qui met, à juste titre, en évidence l’activité en ambulatoire qui représente 86 % des patients souffrant de troubles mentaux pris en charge, ainsi que la suppression de 60 % des lits en 30 ans, quand dans le même temps les hôpitaux accueillent un nombre croissant de personnes hospitalisées sans leur consentement, 80 000 aujourd’hui.

L’annexe 9 du rapport relatif aux effectifs de personnels, évoque plus de 400 postes de psychiatres  vacants constatés en 2003. Les difficultés de recrutement concernent également les effectifs non médicaux, avec 30% des secteurs qui déclarent des vacances de postes la même année. Le nombre d’ETP des personnels non médicaux ayant diminué de 10% sur la période de 1989 à 2003. Les personnels  qui ont le plus diminués (de -8% à -47% en 15 ans) sont les infirmiers, les cadres supérieurs de santé, les ergothérapeutes.

Dans ce contexte, le rapport indique que les agressions à l’intérieur de l’hôpital, contre le personnel et les malades, paraissent plus nombreuses que ne laissent percevoir les 1 870 signalement recensés par l’Observatoire National des Violences Hospitalières (ONVH). Les agressions entre malades sont également fréquentes, mais mal recensées.

Très vite, le rapport critique la prise en charge des patients en hospitalisation sans consentement, faisant référence à des dysfonctionnements systématiques et des regroupements depatients souffrant depathologies très différentes qui facilitent les agressions et les homicides. A l’instar du contrôleur général des lieux de privation des liberté (CGLPL), les rapporteurs stigmatisent  plusieurs facteurs qui augmentent le risque de fugue ou de violence : le confinement, la négation de la vie privée et l’utilisation abusive des chambres d’isolement.

Les DRH trop libéraux…des personnels qui fument trop!

Puis l’Igas considère que la gestion des ressources humaines dans établissements psychiatrique est à l’origine de bien des difficultés. Selon elle, « contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas les effectifs de personnels qui font défaut » ! « En revanche la charge de travail des infirmiers en hospitalisation complète s’est alourdie et surtout le temps de présence des personnels a été réduit. L’Igas a constaté une présence médicale manifestement insuffisante dans certains établissements. L’absentéisme des personnels soignants atteint parfois des niveaux inquiétants, les accords RTT ont été négociés dans certains établissements de façon anormalement libérale et réduisent un temps de travail que viennent grignoter les trop nombreuses pauses des fumeurs ».

Par ailleurs, l’Igas pointe la formation initiale qui ne prévoit pas de module spécifique à la prévention et à la gestion des situations d’agressivité en psychiatrie ; ainsi que l’absence de prise en compte de la sécurisation dans les priorités stratégiques (déjà nombreuses) des autorités de tutelles.

Le rapport évalue entre 8 000 et 14 000, le nombre de fugues depatients hospitalisés sous contrainte par an, la plupart du temps d’une journée à peine et sans conséquence.

Des recommandations et…. des erreurs!

FO tient à pointer de très graves erreurs dans ce rapport. FO refuse totalement qu’on impute aux professionnels le manque de moyens des structures. Comment peut-on décemment considérer que la psychiatrie bénéficierait d’une croissance de ses moyens financiers, en ignorant les transferts vers le suivi ambulatoire et en faisant l’impasse sur l’augmentation structurelle des coûts de la prise en charge dans le cadre d’une enveloppe fermée.

Parmi les 66 propositions, l’Igas recommande « un changement d’état d’esprit ».

La Fédération FO, avec ses syndicats qui connaissent parfaitement la situation (marquée non pas par une mauvaise organisation, mais bien par un manque d’effectifs qualifiés), ne peuvent partager certains points de vue exprimés dans le rapport.

La Fédération FO, s’est régulièrement exprimée sur le sujet de la violence en milieu hospitalier ainsi que sur les conditions dans lesquelles les pouvoirs publics entraînent, depuis des décennies, les hôpitaux psychiatriques.

FO poursuivra son action pour l’amélioration des conditions de travail pour les personnels et de prise en charge despatients hospitalisés ou suivis en psychiatrie, en revendiquant des effectifs, des moyens et des formations adaptés.

LD

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