Finiront-elles, déprimées, obèses, diabétiques et hypertendues ?

Titre provocateur ? Non ! C’est une vraie question.

Nous trouvons aujourd’hui dans divers établissements hospitaliers des infirmières récemment diplômées qui revendiquent la semainede 60 heures en 5 jours pour obtenir, en suivant, une semaine complète de repos. Le ras le bol – justifié – des mauvaises conditions de travail n’autorise pas la fuite en avant. Certes, les directions imposent les amplitudes de 12 heures de travail dans de nombreux services, mais sans oser transgresser encore la limite réglementaire des 48 heures maximum par semaine, heures supplémentaires comprises.

Les 60 heures représentent une dérive inacceptable pour plusieurs raisons.

 

1-     Les 12 heures conduisent au travail gratuit jusqu’à 12h30, voire plus, dans de nombreux hôpitaux ! (Les temps d’habillage de déshabillage et de transmission ne sont plus payés)

C’est le retour du bénévolat sacerdotal dénoncé par les anciennes en 1988, lorsque, devant le Ministère de la santé nous scandions ensemble:  « NI BONNES, NI NONNES,  NI CONNES » !  Un souvenir ?

 

2- Toutes les études scientifiques connues à ce jour exposent les conséquences de ce rythme de travail[1] :

Ces études montrent que des longs horaires de travail augmentent :

  • La dette de sommeil
  • Les temps de réaction et les fautes d’inattention.
  • La dégradation du statut neurocomportemental des agents

 La dette de sommeil contribue à :

  • l’hypertension,
  • au diabète et à la diminution de la tolérance au glucose,
  • à l’obésité
  • aux infarctus,
  • à une mauvaise hygiène de vie
  • à la dépression.

 De plus la dette de sommeil réduit la réponse immunitaire en réduisant la production d’anticorps. Et que dire de la qualité des soins ? Est-ce en fait un suicide professionnel à petit feu ? Nous ne le pensons pas, mais c’est une dérive qui conduit à l’hôpital entreprise, rentable, efficient, performant.

L’infirmière doit-elle pour autant précéder le mouvement pour organiser sa mort sociale ?

Si les 12 heures ne peuvent être évitées nous avons publié sur le blog FO-santé les mesures à mettre en œuvre pour en limiter les risques pour celles et ceux qui sont contraints. (cliquez ici)

2 comments for “Finiront-elles, déprimées, obèses, diabétiques et hypertendues ?

  1. raphael
    15 mars 2012 at 9 h 21 min

    tout d’abord merci camarades pour toutes ces info et ce blog intéressant a tout point de vue.
    je lis avec une attention particulière tout ce que vous publiez sur le travail en poste de 12H. j’y retire beaucoup d’arguments permettant d’aborder les divers aspects et contraintes des postes de travail dont l’amplitude est élevée.
    je travail dans un EHPAD et dans une certaine mesure nous sommes confronté au même type de problème.
    pour assurer les « temps fort » les acteurs du système mette en place les jalons permettant la banalisation voir la systématisation des horaires « coupés » dont certaine amplitudes proposées aux instances vont jusqu’à 13h.
    je suis à la recherche de partage d’expérience sur ce sujet, et si l’envie vous prenais de compléter votre blog d’une rubrique vous m’en verriez ravi.
    amitiées syndicalistes

  2. BONBol
    11 mars 2012 at 21 h 27 min

    pas specialement sur l’hopital, mais voici une serie d’article sur le travail:

    http://2ccr.unblog.fr/category/travail-emploi-chomage/

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