L’emploi des cytostatiques à l’hôpital.

Le recours aux médicaments cytostatiques a amélioré le pronostic de nombreuses affections néoplasiques. Il existe un grand nombre de ces médicaments dont la structure chimique est variée. Les cytostatiques peuvent présenter des propriétés carcinogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction. Une mise en danger du personnel est donc à envisager si l’on ne prend pas les mesures de protection nécessaires lors de leur préparation, leur administration et leur élimination.

Les principaux personnels concernés:

  • Les ASHQ, les aides-soignantes, infirmières, préparateurs.

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Les risques:

  • Lorsque les cytostatiques carcinogènes sont préparés sous des mesures de protections recommandées (PSB), on n’observe pas d’effets génotoxiques. De telles perturbations s’observent uniquement lorsque la fabrication ou la reconstitution de ces substances s’effectue sans mesures de sécurité.
  • En se basant sur les études épidémiologiques, il n’existe pas d’évidence que les travailleurs qui fabriquent, reconstituent ou administrent des cytostatiques courent un risque accru de développer un cancer s’ils observent les mesures de précaution recommandées actuellement.
  • Malgré les restrictions méthodologiques caractérisant certaines études épidémiologiques, celles-ci constituent un indice sérieux de risque potentiel pour la grossesse si les femmes enceintes manipulent des cytostatiques sans mesures de protection adéquates.
.Les dangers potentiels d’une exposition aux cytostatiques:
  • Risque d’avortement spontané précoce.
  • Risque de malformations foetales.
  • Risque de grossesse extra-utérine.
  • Risque de cancers chimioinduits.

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Mesures de protection:

Conformément au décret CMR n° 2001-97 du 1er février 2001, les femmes enceintes ou qui allaitent ne peuvent être affectées ou maintenues à des postes de travail qui les exposent à des agents toxiques pour la reproduction.

Dans chaque établissement sanitaire, des directives internes basées sur une analyse de risque effectuée par des spécialistes de la sécurité au travail doivent être élaborées pour la manipulation sans risque des cytostatiques. Elles doivent figurer par écrit et être appliquées au sein des diverses unités fonctionnelles.

Elles doivent comporter au minimum les points suivants relatifs à la fabrication/ reconstitution, l’administration, l’élimination, le transport et les procédures à adopter en cas de dispersion accidentelle de cytostatiques.

Principes de sécurité lors de la manipulation de cytostatiques

Recours aux moyens de protection technique: PSB; systèmes de ventilation; dispositifs techniques comme ceux permettant d’équilibrer la pression ou de transférer des produits; recours à des systèmes évitant la dispersion accidentelle de cytostatiques.

Mesures organisationnelles générales: Principes de l’information et de l’enseignement; locaux destinés à la fabrication ou à la reconstitution des cytostatiques (centraux ou décentralisés); engagement du personnel appelé à manipuler des cytostatiques; protection des femmes enceintes et qui allaitent; cahier des charges du responsable et des spécialistes de la sécurité.

Mesures organisationnelles particulières: techniques de travail adéquates, prévention des contaminations, nettoyages, utilisation et maintenance correcte des appareils et des installations, comportement en cas de dispersion accidentelle.

Mesures de protection personnelle: Port de gants, d’habits de protection, de masques et de lunettes.

Médecine du personnel: examens par le médecin du personnel; mesures médicales à prendre en cas d’exposition accidentelle, de déficience des installations techniques ou de troubles présentés par le travailleur.

L’employeur est tenu de contrôler et de documenter l’application des mesures de protection.

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Le décret relatif au suivi médical post-professionnel des agents de la FPH exposé à un agent cancérogène non publié par l’ancien gouvernement doit faire l’objet d’une nouvelle expertise juridique puis être à nouveau présenté au CSFPH et au Conseil d’Etat.

Dans l’attente de dispositions complémentaires spécifiques le code du travail est applicable aux établissements hospitaliers et notamme l’Article L4721-8, pour le retrait éventuel d’une situation dangereuse et l’Article R4412-59 et suivant pour dispositions particulières aux agents chimiques dangereux cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction

DG

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références:

En plus de l’étude INRS,  « Exposition aux cytostatiques : risque toxicologique en milieu hospitalier »,  (2006) une étude suisse qui a largement inspiré cet article est très complète pour qui veut tout connaitre sur la  » Sécurité dans l’emploides cytostatiques »(2004)

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