L’hôpital public ou le retour du travail forcé

 

benevoleDans le blog FO-santé nous avons reçu ce message :

« Au centre hospitalier de Montauban, (dans le Tarn et Garonne – 82),  1500 agents, pour 2012, 52 500 heures dues, ni payées ni récupérées et certains agents cumulent jusqu’à 300 heures dues, jusqu’à quand ? »

Trop bref nous avons voulu en savoir plus et c’est extraordinaire, du moins, devrions nous dire malheureusement, c’est ordinaire !

Plus de 52 500 heures supplémentaires non payées et non récupérées ! C’est l’équivalent d’environ 40 emplois, essentiellement dans les services de soins ! Ce sont plus de 1 million d’euros qui sont dus au personnel depuis plus d’un an !

Nous pensions que le réflexe découlant de ce constat ouvrirait les portes d’une négociation afin de créer les emplois correspondants ? Rien de cela ! Bien au contraire. Dans ce centre hospitalier, comme dans beaucoup d’autres, c’est un plan de retour à l’équilibre qui est opposé et qui sévit dans tous les recoins, dans tous les services et à tous les étages.

Non seulement dans cet établissement le personnel n’est pas payé comme il se doit, mais de plus, les suppressions d’emplois sont programmées, (Mesdames les CDD passez les premières), les titularisations sont repoussées de 12 à 18 mois pour les Infirmiers, de  20 à 26 mois pour les autres personnels, la précarité se développe avec plus de 200 CDD comme réservoir budgétaire ! Des vraies ressources humaines corvéables, malléables et licenciables à merci !

 

A Montauban, comme dans de trop nombreux établissements hospitaliers, la direction est incapable d’organiser le travail avec les moyens dont elle dispose ! Elle n’a aucune réponse à donner au personnel si ce n’est de reporter sur lui les contraintes qui lui sont imposées par le Ministère de la Santé via les Agences Régionales de Santé ! Restriction, restriction, restriction ! C’est la crise. Réduction du nombre de fonctionnaires, c’est aussi vrai à l’hôpital !

La seule chose qu’il devient impossible de réduire à l’hôpital c’est le travail !

Le travail est tellement essoré de toute humanité qu’il est devenu incompressible.

C’est un monde de fous ! La même direction qui d’un côté supprime des postes et qui de l’autre,  impose des heures supplémentaires, qui ne sont ni payées, parce que l’hôpital est en déficit, et qui ne sont ni récupérées, parce qu’il n’y a pas de personnel de remplacement ! C’est le retour du bénévolat !

Mais lorsque ce bénévolat est imposé, cela revient à du travail forcé !

Ainsi, l’hôpital mobilise sa main d’œuvre à des fins de développement économique, pour faire face à son plan de rigueur ! Cette pratique est condamnée par les conventions internationales du travail. [1]

 

Mais le droit a t-il encore sa place à l’hôpital !

DG


[1] C105 – Convention (n° 105) sur l’abolition du travail forcé, 1957: Article 1: « Tout Membre de l’Organisation internationale du Travail qui ratifie la présente convention s’engage à supprimer le travail forcé ou obligatoire et à n’y recourir sous aucune forme:…/…(b) en tant que méthode de mobilisation et d’utilisation de la main-d’œuvre à des fins de développement économique; »

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2 comments for “L’hôpital public ou le retour du travail forcé

  1. cotu
    21 avril 2015 at 15 h 53 min

    Bonjour

    le ciel n ‘est pas bleu non plus a l’hopital de beauvais qui represente 2400 agents avec fin 2014 130.000 heures sup avec un taux d ‘absenteisme qui bat les records.
    bien sur pas de budget pour les heures supp.
    Mais ou va t on
    le burn out s installe pour mais la direction tout va bien….

  2. SALAVY James
    3 juillet 2013 at 4 h 34 min

    Bonjour,
    Le ciel n’est pas plus bleu à l’Hôpital de Lunel,(Hérault). Nous sommes une petite unité locale, avec environ 200 agents tous services confondus, les heures s’accumulent le travail en secteur gériatrie de plus en plus difficile, le manque de personnel redéploie les tâches et c’est maintenant qu’on parle de maltraitance…ah ! non, le mot fait peur il a été remplacé par bientraitance ? Nous sommes des non-bientraitants…
    Comme vous le dites travailler plus et moins payé, dans aucune démarche venant renégocier nos fiches de postes l’équivalent salaire n’intervient.
    Et les patients, eux, ils n’ont rien demandé, ils prennent de face la crise, « quelle crise », ils n’ont pas mangé le gâteau (ni moi d’ailleurs) et…c’est nous qu’on paye. Vous avez entendu : bientraitant.
    A messieurs du gouvernement, j’ai bien l’honneur.

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