Reconnaître le BURN OUT en maladie professionnelle !

 burnout« Le burn out, ou syndrome d’épuisement professionnel, a été élaboré dans les années 70 pour mieux cerner les difficultés des professionnels du champ sanitaire et social. Ce terme a donné lieu à de nombreuses définitions.

 

Selon Maslach et Jackson (1981-1986) le burn out répond à 3 critères :

  • Le premier, l’épuisement émotionnel, se traduit par le fait de « craquer » émotionnellement.
  • Le deuxième critère, c’est le désinvestissement relationnel. Pour se protéger, le soignant tend à mettre une distance excessive entre le malade et lui. Il n’est plus capable de sentir la moindre empathie. Cela peut se traduire par des réactions du type : « s’il a le sida ou une fracture, c’est de sa faute ».
  • Le troisième critère est la diminution du sentiment d’accomplissement personnel. La détérioration de la relation thérapeutique entraîne alors une dépréciation professionnelle. Le soignant considère qu’il n’est plus bon à rien.

 

Ce syndrome d’épuisement professionnel connaît une durée d’installation  de un à 5 ans ! »[1]

 

Après la lecture de ces 3 critères, il faut admettre que les professionnels de santé sont au coeur de ce risque. L’émotion, la protection personnelle, la dépréciation professionnelle découlent directement de l’exercice du métier et doit s’observer comme un risque lié au travail.

C’est pourquoi

FO soutient l’appel lancé pour que ce risque soit inscrit au tableau des maladies professionnelles.

SIGNEZ L’APPEL

un article d’ActuSoins : » Infirmières et burn out : lever le tabou »

 

extrait de l’appel :

« Par conséquent, les signataires de cet appel, professionnels de la médecine du travail, de la santé mentale, de la prévention des risques professionnels ou des ressources humaines et de la qualité de vie au travail, demandent que la sécurité sociale puisse reconnaître rapidement deux nouveaux tableaux de maladies professionnelles liées à l’épuisement : la dépression d’épuisement et l’état de stress répété conduisant à une situation traumatique. Ils demandent également une discussion avec les partenaires sociaux sur la dimension de l’anxiété généralisée dans le syndrome d’épuisement.

 Au-delà de la réparation due aux salariés abîmés par des organisations du travail délétères, l’objectif de l’appel est aussi d’engager avec les entreprises et les partenaires sociaux un dialogue de prévention. Bordé en amont par les réflexions en cours sur l’amélioration de la qualité de vie au travail, ce dialogue doit l’être en aval par l’existence de tableaux de maladies professionnelles d’ordre psychique qui seuls permettront de rappeler aux entreprises leurs obligations en matière de santé et de sécurité.

Cet appel, s’il est entendu, permettra de surmonter le retard français en matière de prévention du risque psychique. »

 

 

 



[1] Madeleine Estryn-Behar –  « Stress et souffrance des soignants à l’hôpital » éditions ESTEM  – 1997

4 comments for “Reconnaître le BURN OUT en maladie professionnelle !

  1. nm
    28 mars 2014 at 15 h 15 min

    Bonjour,
    Dans le cadre de mon mémoire portant sur la conduite du changement et l’épuisement professionnel, je réalise une enquête afin de recueillir votre témoignage sur la manière dont vous avez vécu le changement au sein de votre entreprise.
    A noter que ce questionnaire est anonyme et que votre témoignage est important. J’aimerais montrer que l’épuisement professionnel est quelque chose qu’il faut prendre au sérieux et que c’est du rôle de la direction des ressources humaines et du supérieur hiérarchique de faire attention à la santé mental et physique de ses salariés. J’aimerais montrer grâce à ce questionnaire l’importance du phénomène d’épuisement professionnel mais aussi montrer que le facteur humain dans une conduite du changement est pour la plupart du temps négligé dans sa totalité.
    LIEN :
    https://docs.google.com/forms/d/1m_jg4sDKlVYNzcvFwiQIAMHA6vd7HyQv_g0FaSxVY0c/viewform

    Je vous remercie d’avance d’avoir accepté et consacré quelques minutes pour répondre à cette étude de la manière la plus sincère possible. Je me tiens à votre entière disposition, pour toute information supplémentaire.

  2. 5 février 2014 at 10 h 18 min

    Je vous invite à lire l’article du Docteur Brigitte Font Le Bret, qui est beaucoup plus argumenté que l’article de Technologia, qui fait totalement l’impasse sur les causes professionnelles du burn-out, notamment les conditions de travail délétères et les nouvelles organisations du travail.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/brigitte-font-le-bret/260114/le-burn-out-pour-lisser-la-souffrance-au-travail-et-la-rendre-consensuelle

    • Garnier
      5 mars 2014 at 12 h 40 min

      Après avoir lu son article je ne partage pas tout à fait votre point de vu. Les articles sont complémentaires. Les réserves émises par le Dr Font-Le -Bret, portent essentiellement sur la caractère unique de chaque situation de burnout qui nécessite d’argumenter très précisément sur chaque fait qui concourt à la détérioration de la santé psychique de l’individu. Mais en va t-il différemment lorsque l’on traite des risques psychosociaux ou de toutes les atteintes au psyché de l’individu ? Il est notoire maintenant que le burnout connait un lien de causalité très fort avec le travail. Sous certaines conditions à définir et selon les 3 éléments constitutifs ci-dessous dans mon article qui pourraient faire consensus, pourquoi ne pas inscrire le burnout dans le tableau des maladies professionnelles ?

  3. klair
    3 février 2014 at 20 h 26 min

    hello denis

    le burn out peut se traduire aussi chez les membres permanent d’un syndicat et cela est difficile à gérer .
    FO t’il abandonner dans ce contexte d’austérité pas facile

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