La poudrière hospitalière va péter !

25juin2015La mobilisation des agents des hôpitaux de Paris a permis de repousser à plus tard la remise en cause des jours RTT ou disons plutôt la volonté des directeurs d’hôpitaux de faire glisser du temps de travail sur le temps personnel (transmissions, habillage, déshabillage, dépassements horaires…)

Ce sont tous les personnels hospitaliers qui sont confrontés à cette même volonté et maintenant ils commencent à exprimer leur ras le bol et ce n’est qu’un début !

 

 

Tout a été fait pour réduire les dépenses de personnels de l’hôpital :

 

Mais ça ne suffit pas !

Aujourd’hui, les directions s’attaquent au temps de travail pour transférer une partie de celui-ci sur le temps personnel des agents. C’est le cas pour ceux qui travaillent en 12 heures et qui doivent rester jusqu’à 12h30 voire 13 heures en service, rémunérées 11h30 car les directions déduisent le temps de pause ou de repas que la plupart du temps les agents ne peuvent pas prendre.

Il en sera de même pour tous les autres personnels qui se voient réduire la durée quotidienne de la journée de travail !

A Paris l’unité syndicale et la mobilisation des personnels ont permis d’obtenir l’arrêt de ce glissement ! Mais ça ne suffira pas ! Les objectifs du gouvernement, des ARS et des directeurs restent les mêmes ! Réduire les dépenses de personnels !

 

 

Observons le résultat sur l’AP-HP !

(étude FO présentée au ministère en 2013 d’après les bilans sociaux de l’AP-HP)

  • les effectifs d’agents titulaires ont baissé de près de 5% en 3 ans !
  • les accidents de travail ont augmenté de 15% !
  • les maladies professionnelles de 13% !

 

Tableau récapitulatif par thème à l’AP-HP
année 2009 2010 2011 évolutions
Effectif (titulaires) 71 878 70 024 68 330 – 4,94%
maladie 10,11 10,71 10,88 7,62%
CLM/CLD 7,66 8,20 8,35 9,01%
Accident du travail 2,43 2,56 2,80 15,23%
maladie professionnelle 0,39 0,45 0,44 12,82%
totaux 20,59 21,92 22,47 9,13%

Commentaires : Les jours d’absence dus aux CLM / CLD sont supérieurs de 85 % à la moyenne des autres établissements et les accidents du travail, avec 2,8 jours par an et par agent, représentent presque le double de celui des autres établissements qui sont à 1,57.

 

 

Et ce n’est pas tout !

Les agents de la fonction publique hospitalière connaissent des contraintes physiques comparables à celles des salariés de l’agriculture ou du bâtiment.  (étude Dares analyses Décembre 2014)

L’organisation du travail a été impactée par la réforme des 35 heures, mais aussi par des réformes spécifiques au milieu hospitalier comme la mise en place des pôles ou la tarification à l’activité. Les contraintes de rythme de travail y sont très élevées. (Panorama des établissements de santé édition 2014)

En 2010, l’enquête Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels (Sumer) réalisée avec le concours des médecins du travail, avait également mis en avant les caractéristiques spécifiques des conditions de travail des agents de la fonction publique hospitalière (FPH) : horaires atypiques plus fréquents, plus grande exposition aux produits chimiques ou agents biologiques (les trois quarts des agents de la FPH étaient exposés à des agents biologiques contre un cinquième pour l’ensemble des salariés), morcellement des tâches et manque de moyens matériels adaptés et de collègues en nombre suffisant pour effectuer correctement le travail (Arnaudo et al., 2013).

Selon les derniers chiffres présentés par le ministère de la santé et portant sur le bilan social des hôpitaux le nombre moyens d’heures supplémentaires par agent non encore récupérées et non encore rémunérées représente l’équivalent moyen de 15 000 emplois !

 

 

Les conséquences sont graves sur la santé des agents :

(Etude SOFCAH – L’accident de travail dans les établissements hospitaliers – tendances 2013)

« La gravité des arrêts (durée des absences) poursuit sa progression (+ 31 % depuis 2008), et ce quelle que soit la nature de l’évènement considéré.

Le nombre de jours d’arrêt par agent absent a connu une augmentation de 7 jours en moyenne depuis 2008. L’évolution de cette durée traduit de manière directe l’aggravation des arrêts en accident du travail constatée depuis plusieurs années. »

La hausse des arrêts maladies pour raison de santé représente l’équivalent de 10 000 emplois perdus en 3 ans pour dépasser maintenant les 100 000 agents qui tous les jours ne sont plus à leur poste de travail pour raison de santé ! (étude FO-santé 2013 validée ministère de la santé)

 

 

Alors oui, il faut que la colère gronde ! Que la poudrière hospitalière explose !

 

Rien n’arrêtera cette politique désastreuse si les personnels (et peut-être la population) ne se mettent pas en travers !Il faut arrêter ce massacre et imposer des débats sur les conditions de travail acceptables dans les hôpitaux !

 

C’est le but de l’appel à la mobilisation générale du jeudi 25 juin dans tous les hôpitaux de France !

 

Ce n’est pas un report des mesures austères qu’il faut obtenir c’est une autre politique de l’emploi à l’hôpital !

  • Des emplois,

  • Des titulaires

  • Des salaires

  • Des carrières

  • Des repos

  • Et donc des meilleures conditions de travail

 

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25juin2015

 

 

 

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