Nous exigeons simplement du respect !

bonhomme-statistiquesL’hôpital ou la dictature au quotidien :

Coralie est aide soignante. Pour équilibrer sa vie personnelle et sa vie professionnelle, elle a demandé et obtenu un travail à temps partiel à 80% il y a 6 ans de cela. Aujourd’hui elle est convoquée par sa cadre qui lui demande de passer à 75% car l’hôpital n’a plus les moyens de payer le supplément de rémunération qui est accordé par la loi. (article 47 de la loi du 9 janvier 1986).

Le cadre : « Si vous n’acceptez pas, le renouvellement de votre autorisation de travailler à temps partiel sera refusé et nous vous changerons de service ».

Ce diktat ferait perdre à Coralie près de 180 euros par mois, ou,  si elle devait reprendre à temps plein, la désorganisation de sa vie familiale et professionnelle qui la placerait sur le tremplin de l’absentéisme, elle qui ne s’arrête jamais.

 Juliette est infirmière. Cela fait 15 ans qu’elle travaille au sein du pôle cardiologie de son hôpital. Elle cumule sur l’année 200 heures supplémentaires. Elle demande à les récupérer.

Le cadre : « Compte tenu des effectifs manquant et des problèmes financiers de l’hôpital, il n’est pas possible de vous les donner ou de vous les payer. On verra plus tard ! »

Juliette : « On me demande de rester pour les transmissions, de finir les actes commencés et on veut pas me le payer, c’est pas normal ça ! »

Le cadre: « Si vous n’êtes pas contente vous pouvez demander toujours votre changement de service. »

Elodie est ASHQ contractuelle: cela fait 3 ans qu’elle va de contrat en contrat. Un matin la cadre la renvoie chez elle car son planning avait changé du matin à l’après midi. « On n’a pas pu vous joindre avant, vous n’aviez pas laissé votre n° de téléphone au service ».

etc. !

Ce ne sont pas les cadres qui sont à incriminer, même si certains manifestent plus de zèle négatif que d’autres. Ce sont les contraintes financières qui pèsent sur l’hôpital qui provoquent ces situations.


rappel définition Larousse, dictature : Régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire ; Pouvoir absolu exercé par une personne ou un groupe dans un domaine particulier ; tyrannie.


Le droit pour tous et pour chacun !

Ce qui caractérise un Etat de droit, une République, ce qui fait société pour garantir l’égalité de traitement dans tous les aspects de la vie quotidienne, que ce soit dans sa vie personnelle et sa vie professionnelle, c’est le droit. C’est un ensemble de règles qui s’appellent Traité, Constitution, Code, loi, décret, arrêté et qui sont complétées par la jurisprudence, c’est-à-dire des jugements non contestés qui viennent préciser l’application du droit.

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L’austérité budgétaire : c’est la porte ouverte à la déréglementation !

Force est de constater que le respect du droit n’est plus une réalité. Rares sont les sanctions prononcées par une justice inaccessible, débordée, incapable de faire respecter les lois de la République par un manque de moyens évident.[2]

C’est aussi le cas à l’hôpital public. Le manque de moyens, les plans de retour à l’équilibre des comptes, entraînent systématiquement le non respect du droit et certains directeurs débordent d’imagination pour tenter de faire rentrer les personnels dans la logique de l’austérité imposée par le gouvernement, qui a accepté les conditions budgétaires qu’imposent l’Europe !

Les personnels hospitaliers victimes d’austérité !

Conséquence du « pacte de responsabilité » (approuvé par la CFDT, la CFTC, la CGC et l’UNSA), le gouvernement impose des économies sur la masse salariale de l’hôpital, c’est-à-dire l’équivalent de 22 000 emplois, mais surtout comme l’expose l’introduction de cet article, une remise en cause profonde des droits des personnels ! La ministre dément, mais les faits sont têtus ! C’est aussi l’impossibilité pour les directeurs d’hôpitaux d’appliquer le droit des agents. (développement de la précarité, non respect de la durée du travail, suppression de primes, etc.) Oui, il faut le dire, le gouvernement place les directeurs d’hôpitaux en situation de délinquant de droit public !

En fait, en recherchant les causes profondes de ce délitement de la République, on arrive naturellement à la politique économique suivie depuis près de 40 ans. Une politique qui prive d’emploi un nombre grandissant de personnes ; une politique qui exacerbe les inégalités ; une politique qui transfère les richesses produites par les travailleurs vers les spéculateurs ; une politique qui n’assure plus le respect du droit et donc, une politique qui encourage toutes les exactions !

 

Le respect du droit est l’affaire de chacun  !

Un agent seul est exposé au non respect de ses droits. Il est fragile, vulnérable face à celui qui ne sait plus ce qu’est le droit et qui ne respecte rien. C’est pourquoi le retour à la chose collective est essentiel. Le seul outil collectif de droit qui permette à chacun de se défendre est le syndicat. Il est décrié par tous ceux qui veulent isoler les salariés en cassant toutes les solidarités collectives. Syndicats, mais aussi sécurité sociale, assurance chômage, services publics.

Il appartient donc à chacun, non pas de laisser faire, mais de s’organiser dans le syndicat et de se donner ainsi les moyens de faire respecter collectivement ses droits, à l’hôpital comme ailleurs.

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[1] Rappel sur repos et congés : C’est une atteinte illégale à la vie privée ! http://fo-sante.org/

[2] Un Français verse ainsi 61,2 euros par an pour la justice, un Allemand 114,3 euros, un Suisse 197,7 euros : on compte 10,7 juges en France pour 100 000 habitants, contre 24,7 en Allemagne et une moyenne de 21 pour l’ensemble de l’Europe – rapport 2014 de la Commission Européenne pour l’Efficacité de la Justice
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1 comment for “Nous exigeons simplement du respect !

  1. Philippe
    12 octobre 2015 at 16 h 20 min

    Une conduite qui tend à se répandre et qui met à mal, l’institution, quant à la protection de la santé des salariés. Les organisations syndicales, ont dans leurs rôles qui leurs sont confiés, le plus de difficultés à répondre aux salariés en souffrance, par les pressions excessives qui leur sont faites de par leurs hiérarchies. L’impact de tels comportements, de telles organisations de travail, créé des situations qui amènent à de longs arrêts de travail. Des arrêts qui se prolongent, alors qu’au départ, ils n’auraient jamais dû être, si l’administration, l’encadrement, comme le corps médical, étaient plus respectueux du salarié. Comment peut-on demander aux salariés, d’être plus souriants, plus objectifs, voire plus dynamiques, alors que dans les faits, ils arrivent au travail, avec la peur au ventre ? Nous devons prendre conscience, que pour la plupart, ils sont tout simplement repus de ce climat délétère qui règne dans les l’établissements de santé. Les équipes parlent et nous confient trop souvent ces comportements qui émanent d’un management institutionnel. Cette politique tend plus à détruire l’individu qu’à servir la mission de l’hôpital Public. Nous ne pouvons accepter davantage de telles méthodes devenues bien inhumaines. Il nous faut vraiment sensibiliser sur ce mal être qui est instauré dans les équipes. Ces comportements managériaux sous une gestion à 3 francs 6 sous sont calamiteux. Ils doivent être dénoncés de manière collective pour stopper tous ces abus. Il appartient à tous les salariés de se faire respecter au travail. Pour ça, que les administrations respectent le DROIT, en commençant au premier chef, par le droit au respect de chaque individu !

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