Le triste bilan social 2014 des hôpitaux : 14 000 emplois non payés !

taux-absenceComme chaque année depuis 2012 le ministère de la santé présente le bilan des bilans sociaux des hôpitaux de plus de 300 agents. Ce document est sous traité à l’Agence Technique d’Information Hospitalière (ATIH) car le ministère n’a plus les moyens d’analyse sur les conditions de travail des hospitaliers. Ce document porte sur les absences au travail ainsi que sur les heures supplémentaires, il aborde également les accidents de travail et maladies professionnelles, mais sur ce dernier point les données sont quasiment inexploitables

 

Le bilan social un outil de référence ?

Le constat est identique aux autres années.

Ce bilan déclaratif reste un sondage aléatoire. Pour mémoire lorsque nous avons réalisé notre étude en 2011 portant sur plus de 350 000 hospitaliers tout établissements confondus, nous avons obtenu 3 versions différentes du bilan social de l’AP-HP. Autre élément qui fausse ces données c’est la sous déclaration des accidents de travail et le présentéisme forcené des contractuels qui restent à leur poste de travail alors qu’ils sont médicalement inaptes. De plus nous allons démontrer ci-dessous que les indicateurs utilisés minorent les constats.

En résumé, ce document donne des tendances approximatives, mais nous voulons bien les accompagner.

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Les absences au travail.

Pour rappel ces chiffres ne portent que sur les établissements de plus de 300 agents dont les taux d’absences sont inférieurs aux établissements de moins de 300 agents. Plus les établissements sont petits plus le nombre de jours d’arrêts est important. Ainsi selon l’étude analyse et conjoncture de la SOFCAH, le taux d’absentéisme est 1,8 fois plus important dans les établissements de petite taille.

Par exemple dans les établissements de moins de 50 agents ce taux est de 14%, dans ceux de 50 à 99 de 12% et dans ceux supérieurs à 100 ce taux tombe à 10,1%.

Selon le bilan présenté des établissements de plus de 300 agents, le taux serait de 7,9% soit très nettement inférieur à celui des petits établissements.

Comment ne pas faire de relation avec les conditions de travail ?

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Le nombre de jours d’absences par an et par agent est-il sous estimé ? :

Les données les plus remarquables à prendre en compte porte sur le nombre moyen de jours d’absences par an et par agent.

Là encore les chiffres sont à l’avantage de celui qui veut économiser des emplois. En effet le nombre moyen de jour d’absence est obtenu en rapport du nombre agents physiques et non en rapport aux équivalents temps plein (ETP). Si l’agent travaille à 50% il est compté pour un dans ce calcul ce qui minimise le résultat.

En effet, l’impact du temps partiel (différence entre les ETP et les EP) est de l’ordre de 8%. Ainsi les 27 jours pudiquement indiqués dans ce bilan doivent en fait être majorés de 8% pour devenir un nombre réel de 30 jours. (et de 32 jours pour les personnels soignants !)

Si l’on intègre les petits établissements ce chiffre sera largement dépassé, sans que nous puissions prendre en compte celui publié par la SHAM en octobre 2015 avec un nombre de jours d’arrêts tout motifs confondus de 54 jours par an et par agent.

Au total ce sont 30 jours à multiplier par les 1 052 260 ETP soit : 31,6 millions de journées d’absences au travail pour la fonction publique hospitalière.

Les études menées par FO arrivaient au chiffres de 110 000 agents qui tous les jours sont arrêtés pour des raisons de santé. Les chiffres du ministère sont sous évalués car ne prenant pas en compte les établissements qui comptent moins de 300 agents.

Mais rien ne bouge ! Pas de prévention. Toujours de l’intensification du travail!

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Le taux d’absentéisme affiché de 8% est virtuel :

Ce taux est calculé sur une durée d’activité de 365 jours alors que les agents hospitaliers ne sont présents au maximum que 229 jours par an. (1607 h / 7 h )

Il ne peut en rien donner une quelconque indication utile pour calculer par exemple les effectifs nécessaires dans un service. C’est un baromètre mais non un compteur.

En réalité ce sont bien 30 jours d’absences minimum qu’il convient de prendre en compte sur 220 jours de présence soit un taux de 13,6%.

Pour évaluer les effectifs nécessaires et pour assurer la charge de travail il faut intégrer ce taux de 13,6% dans tous les calculs d’effectifs en sachant qu’il ne concerne que les établissements de plus de 300 agents.

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Les heures supplémentaires représentent l’équivalent de 32 000 emplois !

Avant propos : Les heures supplémentaires renseignées dans ce bilan portent uniquement sur celles qui sont validées par les cadres. Elles ne comptabilisent pas les dépassements horaires qui sont dus au passage des transmissions par exemple ou du temps d’habillage et de déshabillage qui sont de plus en plus déportés sur le temps personnel.

Là encore ce chiffre est minoré de 8% en prenant comme indicateur les effectifs physiques et non les ETP.

Dans le bilan, le nombre moyen d’heures supplémentaires non payées et non récupérées par agent s’élève à 18 heures. Si l’on prend en compte les ETP ce nombre est portée à 19,4 heures !

Le total pour la Fonction Publique hospitalière s’élève à 20,5 millions d’heures soit l’équivalent de 14 000 emplois, 14 000 emplois non rémunérés !!!

Si on additionne les heures supplémentaires rémunérées et non rémunérées cela représente l’équivalent de 32 000 emplois sur l’année !!

Il n’est pas étonnant de constater à ce jour, que le secteur de la santé rejoint celui du BTP en matière d’accidents de travail et de maladie professionnelles.

 

Quant aux CET ce sont encore 17 000 emplois à « crédit », mais, ils sont étalés sur plusieurs années.

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Il faut que le gouvernement paie toutes les heures travaillées des hospitaliers !

Le personnel hospitalier est exploité aujourd’hui d’une façon insupportable. Lorsque FO dit qu’il manque plus de 30 000 emplois dans les hôpitaux ce n’est pas une utopie mais le triste résultat de ce bilan social minoré!

 

30 000 emplois d’ASHQ, d’AS et de soignants ce n’est qu’1 milliard d’euros !

Cet investissement serait rapidement rentabilisé par la réduction des absences pour raisons de santé. En fait nous demandons le paiement de toutes les heures supplémentaires (14 000 emplois = 490 millions) et une rallonge de 16 000 emplois (560 millions) !

La prévention des risques psychosociaux, la qualité du dialogue social, la Qualité de vie au Travail passent par cet investissement !

 

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