Le retour des bénévoles à l’hôpital !

benevolesDepuis plusieurs années nous savions que l’hôpital n’avait plus les moyens de payer son personnel puisque, selon le dernier bilan social présenté par le ministère de la santé, le total des heures non payées et non récupérées représentent l’équivalent de 30 000 emplois !

Mais ce n’est rien si l’on rend compte la réalité dans les services. Les deux exemples ci-dessous démontrent à quel point la situation n’est pas prête de s’améliorer pour le plus grand bonheur de tous ceux qui veulent limiter les dépenses hospitalières.

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Les heures supplémentaires c’est mal vu !

Gaëlle à 45 ans. Elle est infirmière dans un CHU. Ce soir là, il est 20 heures, son heure de sortie. Elle va « dé-badger » en tenue de travail et ….repart dans son service.

  • – Mais que faites-vous ?
  • – Ben je vais finir mon travail !
  • – Mais vous venez de « dé-badger » !
  • – Oui mais ici les heures supplémentaires c’est mal vu !

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Les médecins exigent !

Adèle à 32 ans. Elle était aide-soignante titulaire. Elle a bénéficié d’un congé de formation professionnelle pour obtenir un diplôme de secrétaire médicale (Assistante Médico Administrative). L’hôpital l’a placé en disponibilité pour convenance personnelle durant sa formation. Divorcée, mère de deux enfants, elle a besoin de travailler.

L’hôpital lui propose un poste à 80% d’adjoint administratif contractuel, (smic de la fonction publique). Elle est affectée seule, pendant 1 mois, secrétaire médicale en médecine pendant les congés des deux titulaires.

Ses horaires du contrat : 9h – 15h. (6h/jour) Elle est nouvelle, seule, et remplace deux agents expérimentés sur ce même poste. La réalité au bout de 2 jours, elle arrive à 8h et quitte son poste à 18h30 (10h30 par jour).

  • – Mais vous devez ne faire que les heures mentionnées sur le contrat, lui indique le délégué syndical.
  • – Oui je sais, mais vous ne connaissez pas les médecins. Ce sont eux qui commandent. Ils exigent que je sois là à 8h et me donnent du travail jusqu’à 18h.
  • – Ce ne sont pas eux qui vous payent et ni eux qui signent votre contrat. S’ils veulent un agent 10h par jour c’est à la direction qu’ils doivent s’adresser.
  • – Oui, mais c’est moi qui suis là et ils s’en fichent de mon statut.
  • – Demain vous n’arrivez qu’à 9h et vous partirez à 15h !
  • – Oui et à la fin du mois j’ai plus de boulot.
  • – C’est comme vous voulez.

Adèle a poursuivi ses 10 heures par jour ! A la fin du mois son contrat ne sera pas renouvelé. Elle cherche à nouveau du travail. Ses 80 heures supplémentaires ne seront pas payées.

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Ces bénévoles involontaires qui sauvent l’hôpital !

Ces deux exemples bien réels et bien différents, démontrent l’état d’esprit dans lequel travaillent bon nombre d’agents hospitaliers.

1 – D’un côté des titulaires, héritiers certainement des gènes des religieuses en cornettes et robes de bure. Ils semblent être en mission humanitaire. Le salaire est superflu. Le malade reste le centre du monde. Sans eux il est vrai que les maux de l’hôpital seraient encore pires. Leur don d’eux mêmes permet la continuité du service public au moindre coût !

2 – A côté les agents contractuels. Les esclaves des temps modernes ! La contrainte de leur soumission individuelle creuse la tombe du droit collectif. Les directeurs qui les emploient, qui les exploitent savent combien cette main d’œuvre à bon marché est indispensable au fonctionnement de l’hôpital.

Non seulement ils ne coûtent pas cher, mais de peur de perdre leur emploi, ils travaillent au-delà des heures contractuelles. C’est ainsi qu’ils sont montrés en exemples aux autres. « Vous voyez ? Lui il va au delà de ses heures ! » Les agents respectueux des devoirs et des droits devraient se sentir coupables de ne travailler que durant 35 heures en moyenne !

Entre les « bonnes sœurs », et les esclaves, l’hôpital en dérive bénéficie pour un moment encore des ressources nécessaires pour se maintenir à flot. Mais pour combien de temps ?

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1 comment for “Le retour des bénévoles à l’hôpital !

  1. Hamma
    26 septembre 2016 at 13 h 00 min

    Comme dit un enfant(pub dentaire TV) mais qu’est qu’on peu faire.
    puisque la peur des emplois précaire et les nones de l’autre qui eux ont peur de la mauvaise note en fin d’année, ou qui ne veut pas de vague, cette peur qui les empêches de réfléchir, du fait que beaucoup sont monoparental et que le système pervers profite de ces situations,.

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