Contre un EHPAD, militant FO, tu as porté plainte au procureur : explique-nous pourquoi ?

Visuels balance et codes.

Le juge pour la bientraitance ?

Il est secrétaire départemental FO des services de santé. (SDFO) Il a porté plainte au procureur parce que les signalements internes réalisés dans cet Établissement Hébergeant des Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) sont restés lettres mortes.

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Le blog : Dernièrement tu as porté une plainte au procureur de la République. Explique nous pourquoi ?

SDFO : Il faut d’abord raconter l’histoire. Une aide-soignante m’a appelé, puis une autre et encore une autre du même établissement. Elles n’en pouvaient plus. Non seulement elles étaient épuisées mais de plus elles n’acceptaient plus les conditions dans lesquelles étaient traités les résidents.

Alors, comme je l’ai appris en stage syndical, avant de réagir à chaud j’ai recoupé et vérifié tous les faits. Nous avons fait appel à des témoignages en leur assurant l’anonymat. Après chaque rendez-vous un compte rendu a été rédigé et validé.

Les faits sont terribles et ne peuvent pas être tous rapportés ici car ils sont aujourd’hui aux mains de la justice. Mais les premiers éléments sont accablants :

  • La nuit il n’y a que deux agents pour 128 résidents répartis sur deux bâtiments distincts.
  • Des agents non diplômés dispensent des soins après une petite formation maison.
  • Aucun protocole pour les fins de vie.
  • Un emploi aidé seul le dimanche matin pour 20 résidents
  • Des pressions et répressions de la part de l’encadrement et de la direction
    • Agent mis au piquet dans la salle à manger !!!
    • Carrières bloquées
    • Licenciement pour insuffisance professionnelle sans avis de la Commission Paritaire
    • Extrait d’un témoignage « les mots : punition ou sanction sont tellement employées par la Cadre que j’ai finie par penser que c’était normal ».
  • Privations de certains soins et des choses non divulguables concernant la prise en charge des résidents.
  • etc.

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Blog : Quelle a été ta première réaction ?

SDFO : Comme je l’ai dit avant, j’ai recoupé et vérifié tous les faits. Une assemblée du personnel a permis à chacun de raconter son mal-être pour les compléter et les confirmer. Nous les avons classés par chapitre.

Nous avons pris rendez-vous avec la direction, avec le président du Conseil d’administration, le Préfet et le directeur territorial de l’Agence Régional de Santé. (DTARS) Comme pour les agents nous avons rédigé un compte rendu de chaque entretien.

 

Blog : Quelles ont été les réactions des autorités ?

SDFO : Le Préfet a déclenché une enquête administrative, tout en prévenant le directeur avant, le temps pour lui de « faire du ménage ».

Par contre la réaction du DTARS est surprenante ! J’ai reçu un mail très agressif et je fut convoqué de toute urgence par le directeur de l’ARS. Il voulait qu’on arrête toute la démarche ! Nous en avons informé la presse ! Les échanges ont été très sportifs ! Dialogue social ? Tu parles !

 

Blog : Et alors que c’est-il passé ensuite ? 

SDFO : De la folie ! A la suite de ce signalement plus de 100 auditions ont étaient réalisées par la gendarmerie chargée de l’enquête. Mais plusieurs mois de silence de l’autorité judiciaire ont suivi. Les faits continuaient au sein de l’EHPAD. Le syndicat départemental s’est constitué partie civile.

 

Au bout de 10 mois le TGI a qualifié les faits :

  • Harcèlement moral
  • Blessures involontaires avec ITT supérieur à 3 mois.
  • Non assistance à personne en danger.Blog :

 

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Et maintenant ?

SDFO : Nous attendons la date de l’audience. Nous voulons que les tutelles rendent aussi des comptes sur la maltraitance des résidents et des personnels. Nous ne lâcherons rien !

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Entretien avec Arnaud Pionnier  secrétaire départemental FO

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fo

Le respect du droit, le droit au respect, à la dignité sont absents dans de trop nombreux établissements. Les tutelles par leurs décisions condamnent la bonne qualité. Pour des syndicalistes c’est inacceptable. Il ne leur reste que deux solutions. Convaincre ou contraindre !

Pour convaincre il faut être écouté. Pour contraindre il faut un juge. Si nous ne sommes pas écoutés nous ne pouvons qu’encourager les syndicats à suivre cet exemple.


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