1- Nombre d’agents contractuels à l’hôpital : indicateur essentiel des risques psychosociaux.

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Les agents contractuels de la fonction publique hospitalière méritent toute notre attention. Cet article détaillé, publié en feuilleton de 4 chapitres, rapporte ce que sont leurs conditions de travail et ce que représente leur utilisation massive. (au bout des 4 chapitres l’article entier sera repris dans un format 4 pages)

Ils sont désormais plus de 20 %. C’est une moyenne et ce chiffre peut atteindre plus de 50 % dans certaines EHPAD ! Le contractuel est une source d’économie. La réduction des dépenses est devenue le seul objectif des tutelles (Agence Régionale de Santé, Conseils Départementaux, Parlementaires, Ministres). Ces derniers glorifient le souci d’économies quelles qu’en soient les conséquences. Les conséquences ? Elles sont dramatiques pour ces nouveaux esclaves des temps « modernes ».

Parce qu’ils sont contractuels, malléables et corvéables à merci, comme le démontrent les lignes ci-dessous, ils vont subir toutes les contraintes qui s’additionnent à celles du travail ordinaire. Le nombre d’agents contractuels va permettre de mesurer l’intérêt que l’employeur porte au statut et aux droits des agents, et donc à son soucis de produire un travail de qualité.

Ce premier article va observer les effets de l’intensification du travail.

 

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N°1 – L’intensification du travail !

 

Concentré de dialogue à un agent contractuel :

« – Demain vous serez du matin à 6h !

– Mais Madame, je quitte mon service ce soir à 22 heures. Je n’aurai que 8 heures de repos. J’ai une heure de route. C’est mon 7ème jour de travail. Je devais être en repos demain.

-C’est comme ça. Y-a personne d’autre ! Si vous êtes pas content vous pouvez chercher un emploi ailleurs »

Quelques heures plus tard à un agent titulaire :

– Vous avez vu, les contractuels ? Ils acceptent de travailler 50 heures par semaine, de changer leur repos, de répondre aux demandes du service ! Et vous pendant ce temps vous refusez ? C’est de la mauvaise volonté. Nous réglerons ça plus tard ! »

Etc.

Toutes les heures qui passent sont criblées d’ordres impératifs de la sorte, de perversités, d’expression d’un pouvoir arbitraire totalement dépourvu d’humanité.

L’intensification du travail est un des facteurs essentiel des risques psychosociaux. Les contractuels seuls, isolés, quasiment abandonnés, sont pressurisés et doivent faire toujours plus sans être protégés par aucune réglementation. Se défendre ? Lorsque plusieurs mois se sont écoulés pour trouver un travail, lorsque le moyen de survivre dépend de l’exécution des ordres reçus quels qu’ils soient, il n’y a pas que peu de place pour la révolte. C’est aux syndicats d’agir et de se battre en leur nom avec le soutien des collègues titulaires de leur emploi. Le travail s’intensifie à tous les niveaux et c’est un des facteurs essentiels du stress, du burnout, des troubles musculo-squelettiques, de harcèlement, des violences, des arrêts de travail, etc.

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L’intensification du travail c’est la mise à mort de la qualité du travail.

(article détaillé de ce risque pour l’ensemble des agents : ICI)

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  • article 1 : L’intensification du travail
  • article 2 :  Les exigences émotionnelles et le manque d’autonomie dans le travail
  • article 3 : La mauvaise qualité des rapports sociaux, le conflit de valeur et l’éthique professionnelle
  • article 4 : L’insécurité de la situation de travail – une variable d’ajustement budgétaire, un risque psychosocial majeur !

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3 comments for “1- Nombre d’agents contractuels à l’hôpital : indicateur essentiel des risques psychosociaux.

  1. Garnier
    21 mars 2017 at 14 h 40 min

    En complément: la direction a t-elle suivie les recommandations de la HAS ?
    http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2744089/fr/declarer-et-analyser-les-evenements-indesirables-graves-comprendre-pour-agir
    Comprendre avant d’agir est essentiel pour un bon management des évènements. Donc à suivre !

  2. SYNDICAT FO CHRU TOURS
    21 mars 2017 at 11 h 30 min

    Bonjour Denis,

    Comme dans beaucoup d’hôpitaux, nous sommes désemparés face aux agissements des cadres et de la DG.

    Dernièrement, nous avons une collègue Aide soignante, titulaire, travaillant de nuit pour une organisation de vie personnelle, qui s’est vue passer de jour et être sur l’équipe de remplacement pour les faits suivants :

    Mme C. (aide soignante) a été appelée par sa collègue IDE pour reprendre un massage cardiaque sur une personne âgée, elle a été obligée d’arrêter le massage cardiaque pour une forte douleur aux lombaires, le tracé de l’électrocardiogramme spécifiait l’arrêt cardiaque et elle était seule dans la chambre du patient. L’IDE était partie chercher le chariot d’urgence. Il lui a été reproché de dépasser ses compétences, de ne pas avoir attendu de façon verbale les ordres de l’infirmière et du médecin pour arrêter le massage. Elles ont toutes les deux l’habitude de travailler ensemble et n’ont pas besoin de mots pour se comprendre.

    La première sanction après le conseil pré-disciplinaire, en attendant le conseil de discipline, a donc été un passage de jour, et tourner sur l’équipe de remplacement. Elle sera réévaluée tous les mois.

    Cela lui pose beaucoup de problème car ayant une fille de 8 ans, et un mari qui part tôt le matin au travail, son empli du temps lui permettait de gérer la vie personnelle et professionnelle. Cela ne va plus être possible. De plus elle a une perte de salaire et va être obligée de faire appel à une « nounou » pour la mettre à l’école quand elle sera du matin et la récupérer quand elle sera du soir. Psychologiquement elle complétement « cassée » et la cadre supérieure lui fait la morale et lui dit que c’est pour son bien!! Pour l’instant elle est en arrêt et est suivie par la psychologue du travail.

    Que peut on faire de plus pour cet agent, qui n’est pas un cas isolé, au vu de tous les conseils pré-disciplinaires à tout va qui pleuvent sur le CHRU de Tours ? Il n’y a pas plus de concertation dans les services, le moindre dysfonctionnement et ce sont les agents qui « trinquent » avec un rapport circonstancié immédiat, rendez vous avec la DRH et la Direction des soins (qui se passe comme un interrogatoire de police). Où est la prévention des Risques psycho-sociaux +++, et la qualité de vie au travail ? Quel recours avons nous pour arrêter toutes ces procédures pré-disciplinaires qui mettent à mal les agents dans un contexte économique actuel (COPERMO, loi santé…) C’est l’écœurement le plus total.

    Merci d’avance de ta réponse.

    Amitiés

    Edwige MIRALLA
    Katia MOLINERI
    Syndicat FO CHRU DE TOURS
    Tél : 02 47 47 59 49 / 02 18 37 05 06

    • Garnier
      21 mars 2017 at 13 h 57 min

      Il me semble que le massage cardiaque fait partie des compétences des aides soignants et de tous ceux qui ont l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence (AFGSU). Il n’y a donc pas, au vu des éléments ci-dessus, de dépassement de compétence.
      Par ailleurs ce cas démontre que les deux soignants sont isolés dans cette situation d’urgence et que la défaillance de l’un peut avoir des conséquences importantes pour la santé des personnes soignées. En fait, il est reproché à l’AS d’avoir eu un malaise ! Pour qu’il y ait une sanction il faut qu’il y ait une faute.
      La direction est à la recherche de coupable et non de solution. Il est beaucoup plus facile de sanctionner un agent que de rechercher les causes de ce dysfonctionnement pour éviter que pareille situation ne se reproduise.
      La réintégration dans son service me semble être la meilleure solution pour réhabiliter cette aide soignante et remettre ses compétences au service de l’établissement.

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