Et maintenant je dois partir chaque jour à 80 kms de mon établissement pour travailler !

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« Nous sommes en 2019, je m’appelle Camille, je suis aide soignante dans le pôle « Pneumologie, Réanimation, Urgences et Neurologie » au sein d’un Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) qui comporte 6 centres hospitaliers.

J’habite à 15 minutes d’un des 6 centres hospitaliers, qui m’a recrutée en 2004.

Cette semaine, je dois me lever tous les jours à 4h30 du matin. Mon travail se situe désormais à 80 kms de chez moi soit plus d’une heure de route. Je ne connais ni le lieu, ni les services, ni les patients mais comme me l’a dit la direction générale des soins du GHT: « les protocoles sont tous les mêmes ! ». Ce qu’oublie cette direction c’est que faire garder le petit dernier de 6 mois, n’est pas chose facile. Les nounous que je trouve refusent ces amplitudes d’horaires si étendues.

Je me rends dans le service de pneumologie de ce nouvel établissement pour remplacer une aide-soignante en congé annuel. Avant cet établissement assurait ses propres remplacements d’absences. Aujourd’hui, avec les 22 000 suppressions d’emplois au plan national et la mise en œuvre des GHT, les remplacements s’effectuent au niveau des 6 établissements. Les agents comme moi sont baladés de sites en sites puisque notre employeur est devenu l’établissement pilote. Nous sommes désormais à la disposition de cet employeur unique pour les 6 établissements.

Résultat, c’est la mobilité forcée à tout va. Je ne suis plus qu’un matricule. La motivation n’est plus là. Chaque jour, je vais travailler la peur au ventre, peur de la faute professionnelle, peur de l’accident. Je ne dors plus, je deviens irritable avec mon entourage. Et je me demande combien de temps je vais tenir !

En 2016 et 2017, le syndicat FO de mon établissement d’origine nous avait informé des conséquences sur nos conditions de travail et rémunérations. Une grande manifestation nationale avait été organisée à laquelle je n’avais pas jugé bon de m’y rendre. Un RDV « piscine » m’avait sans doute semblé plus important !

« Ah si j’avais comme d’autres été à cette manif, nous n’en serions peut-être pas là ! ».

Soudain, le téléphone portable sonne…je me réveille ! Je regarde l’écran de mon portable. Il est écrit « 15 février 2017 ». Je souris. Ouf, c’était un mauvais rêve…

Alors je me suis promis aujourd’hui d’appeler le syndicat FO pour m’inscrire à la manifestation nationale du 7 mars 2017 à Paris.

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Tout comme moi, inscris-toi !

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(rappel du communiqué de la Fédération FO de janvier pour demander des postes et des lits)

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Cet article au format PDF pour diffusion

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