RPS/CPO N°1-Le risque « intensité du travail »

Le salarié, le fonctionnaire hospitalier, le contractuel qui travaille à l’hôpital est victime des institutions et des organisations. Tout le monde parle effectivement des risques psychosociaux. Or quelles sont les mesures concrètes qui éloignent ces risques pour protéger ce contractuel ou ce fonctionnaire hospitalier. Rien, ou quasiment rien !

Nous vous proposons au fil des semaines à venir des fiches thématiques sur ces risques, leurs conséquences et les mesures de préventions que FO-santé estime nécessaire pour les réduire ou les faire disparaitre.

Ces fiches reposent essentiellement sur les conclusions du collège d’experts présidé par Michel Gollac et qui figure dans un rapport remis au Ministre du travail.   (voir article sur blog FO-Santé)

 

Prenons la première dimension des RPS telle que définie par le collège d’experts présidé par Michel Gollac ; l’intensité du travail et le temps de travail. Cette fiche n°1 traite du risque « intensité du travail ». La fiche n°2 (la semaine prochaine) traitera du risque « temps de travail »

L’intensité du travail :

LE RISQUE DE L’INTENSITE :

Il est défini par

  • des contraintes de rythme,
  • des objectifs irréalistes et flous, (déconnexion volontaire ou involontaire entre la fixation des objectifs et celle des moyens)
  • de la polyvalence, (devoir occuper plusieurs postes, en particulier pour ceux qui ne sont pas formés)
  • des instructions contradictoires, (multiplient les phases de démarrage)
  • la sous qualification des agents, (la difficulté d’un travail dépend de celui qui le réalise)
  • l’ambiance matérielle défaillante. (la chaleur excessive entraîne un ralentissement de l’activité, alors que le froid induit une baisse de vigilance, d’habileté manuelle et augmente les risques d’accidents)

LES CONSEQUENCES DE L’INTENSITE :

  • l’impréparation (réduction du temps de préparation face au travail, supprime les temps morts au point que les
    salariés n’ont plus le temps d’anticiper sur ce qu’ils vont faire…)
  • retards (ils peuvent ne pas se produire si les travailleurs concernés travaillent très dur ou si la qualité est sacrifiée)
  • défaut de qualité,
  • débordement, (l’urgent passe avant l’important)
  • sentiment d’insuffisance des moyens disponibles,
  • impossibilité de moduler son investissement au travail (Un investissement excessif dans le travail peut créer une situation de risque. Le modèle de l’équilibre effort-récompense accorde une grande importance au surinvestissement au travail, repéré comme facteur de risque.)

LA PREVENTION QUE FO ESTIME NECESSAIRE POUR REDUIRE L’INTENSITE :

  • Les rytmes de travail doivent être réguliers,
  • les objectifs fixés à chaque salarié doivent être clairs et réalistes (par exemple il faut que les moyens donnés correspondent à la charge de travail demandée),
  • il faut éviter de confier trop de missions différentes et si ce risque ne peut être évité, former les personnels à tous les postes,
  • les instructions doivent être cohérentes et viser les mêmes objectifs,
  • les personnels doivent être formés et qualifiés pour excécuter le travail en toute connaissance de cause et en toute sécurité,
  • un environnement du travail protégé doit veiller pour ne pas produire de chaleur ou de froid excessifs.
  • le matériel mis à disposition doit être performant et adapaté.

 

 

Chacun doit pouvoir comparer ce risque aux mesures qui sont prises pour l’éviter. Le résultat détermine la volonté de l’employeur de le réduire.

Certains directeurs parlent des risques ! FO propose des mesures pour les éviter.

(Prochain article: n°2 – le risque « temps de travail »)

DG

autres articles sur le sujet:

autres articles sur le sujet:

introduction: mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour mieux les maitriser.

n°2: Le risque temps de travail

n°3: Le risque des exigences émotionnelles

n°4: Le manque d’autonomie et de marge de manoeuvre.

n°5: La mauvaise qualité des rapports sociaux.

n°6: Le conflit de valeur; l’éthique professionnelle !

n°7 : L’insécurité de la situation de travail

 

 

 

1 comment for “RPS/CPO N°1-Le risque « intensité du travail »

  1. BLIN
    11 juillet 2011 at 10 h 24 min

    Malheureusement, les risques psychosociaux sont bien réels et présents dans les ETS de Santé. A vouloir demander toujours + aux salariés, l’on fini par creuser un absentéisme qui accroît ce dernier et qui fait de + en + défaut au sein des équipes. Une sacrée dépense financière que l’on continue d’occulter. Ce qui est dommageable ? C’est que, les outils sont bien là pour une meilleure vision de l’organisation du travail, telle l’informatique de + en + implanté dans les hôpitaux pour la recherche de toutes traçabilités…La formation Professionnelle…Puis le plus important, c’est que nous possédons aussi ces Professionnels au savoir aiguisé, ceux formés à ces nouveaux outils et donc qui permettent de nouvelles organisations….Ceux qui en début de chaine, apportent une valeur ajoutée. Mais voilà, ce qui tari cette connaissance de l’art, c’est la contrainte d’un cruel management qui oblige sans arrêt d’être mieux réorganisé pour diminuer les déficits, sous l’efficience toujours + recherchée. Les salariés n’en mesurent plus leurs investissements, leurs efforts..etc..Car sans même sans apercevoir, ils finissent par se déconnecter de ce monde du travail trop poussé à l’extrême, et ou les maux deviennent multiples.
    – Manque de reconnaissance…Effectif en insuffisance qui crée l’irritabilité dans les équipes et au final amène à une ambiance qui épuise…Les énièmes réunions qui dérangent pour n’apporter qu’un quantième d’amélioration que finalement, l’on ne verra presque pas, mise à part encore + de contraintes…Les plannings désarticulés qui invitent de + en + à délaisser sa vie privé…etc…Et la liste est longue.
    Sensation au final, que salariés et administrations sont égarés. Pourtant les investissements des uns et des autres sont là ! Mais voilà, par cette vision définie ici, cela se résulte au contraire par pourrir les objectifs que l’on s’était fixé ! Un résultat catastrophique dans le monde de la Santé.
    Le pire à venir que nous pouvons craindre ? C’est de voir le découragement des Professionnels de Santé, celui qui chaque jour gagne du terrain dans les équipes arrivées au bout du rouleau. Ce moment venu, si nous ne nous corrigeons pas, obligera encore à + de dépenses pour compenser ces pertes utiles au bon fonctionnement des Hôpitaux. Nous aurons plutôt atteint un objectif dévastateur et négatif à tous ! Nous regretterons mais trop tard, d’y avoir laissé courir ces maux que vivent ces salariés complètement dévolus à leurs missions. Nous reconnaîtrons alors certainement notre tort pour ne s’être préoccupé que des nouveaux outils sans y mettre les effectifs et la reconnaissance nécessaire à une qualité de travail qui aurait pu profiter à tous !
    Alors sans doute que dans le trop tard, nous nous poserons la question suivante : – Mais ou se trouve l’efficience ?

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