BOUCHES DU RHONE HOPITAUX DE MARSEILLE (APHM) ENFIN ! UN DEBUT D’AMORCE DE DIALOGUE SOCIAL

Jeudi 11 mai, le nouveau directeur général de l’APHM Jean-Olivier Arnaud a rencontré les personnels lors d’un appel à la grève organisé par FO et le CNI. Face à lui, plus de 500 agents (paramédicaux, administratifs, techniques) issus de tous les sites hospitaliers.

Tous s’étaient rassemblés au siège de ‘AP-HM « pour faire comprendre au nouveau directeur que la mobilisation est là, que nos conditions de travail sont lamentables et inacceptables, que nous n’avons plus le temps d’attendre des réponses », dixit Audrey Jolibois, secrétaire générale FO-AP-HM

Cette exaspération des personnels, on l’entend depuis des mois et des mois dans les hôpitaux marseillais, confrontés à un dialogue social réduit à néant et à un déficit abyssal (plus d’un milliard d’euros). Alors que l’ancienne directrice Catherine Geindre (restée en fonction moins d’une année à la tête du 3ème CHU de France) refusait d’entendre les revendications des personnels en termes d’effectifs, de conditions de travail, de sécurité, de manque de matériels. Le nouveau directeur jean Olivier Arnaud a été accueilli sous un tonnerre d’applaudissements dans la salle du conseil d’administration. Enfin, ce dernier acceptait de recevoir les personnels et surtout de les écouter.

« Cela veut dire qu’il fait un pas vers nous, celui du dialogue et de la concertation, bloqué depuis des mois. » a souligné Audrey Jolibois.

Ce nouveau DG a longuement écouté les doléances des personnels qui un a un ont rapporté leurs difficultés quotidiennes.

Un CHU à la dérive !

Manque criant de personnels dans tous les services : « au pole urologique, 3 infirmières ont démissionné. Elles ne seront remplacées qu’en septembre. Conséquence, les 3 collègues qui restent ne peuvent prendre de congés cet été. »

 

« Dans des services dits « normés » tel que celui des grands brûlés, il manque 8 infirmières et au bureau des entrées, 10% des postes sont vacants. »

 

Une autre infirmière raconte que dans son service il manque de médicaments : « le sirop sans sucre pour les diabétiques, il faut aller le chercher à la pharmacie en ville ».

 

« En pédiatrie à la Timone, des services sont affectés de cafards et de moustiques. »

 

« Les interventions chirurgicales sont sans cesse reportées à cause du manque de personnels. A l’hôpital Nord, les personnels sont épuisés, en stress permanent. »

 

Un pavillon de la maternité serait privé d’eau chaude. Il manque 10 infirmières de bloc. « Mes collègues démissionnent, partent dans le privé, elles n’en peuvent plus. » raconte l’une d’entre elles, scandalisée par certaines pratiques. « Au bloc, par manque de manip radio, on demande aux IBODE (infirmières de bloc opératoire) d’irradier des patients. Elles n’en ont ni le droit, ni les compétences. »

Sans broncher, le nouveau DG a écouté les doléances des personnels et a répondu brièvement : « que personne ne tiendra plus la main au chu marseillais ». il a cependant tendu la main aux agents pour parvenir à instaurer une écoute « mutuelle » et retrouvé le jeu normal du dialogue social. »

Depuis des mois FO en intersyndicale, mène le combat pour contraindre la direction à répondre aux revendications et à reprendre un véritable dialogue social.

 

 

 

FO dénonce cette politique d’austérité

« Une logique du moindre coût au détriment du mieux soigner »

L’accumulation des déficits à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a conduit les directions successives de l’établissement à élaborer plusieurs contrats de retour à l’équilibre financier (CREF) depuis 2015 : suppression de 1040 postes (10 % de l’effectif) en 3 ans, suppression de 200 lits (après une perte estimée entre 700 et 1000 lits en 10 ans).

Le CREF vise à réaliser 55 millions d’euros d’économies sur 3 ans par notamment une baisse des effectifs.

Avec le syndicat FO de l’AP-HM et la fédération, les personnels dénoncent ce véritable plan social qui, de l’avis même des médecins, est de nature à mettre en danger la qualité́ des soins. Ces suppressions de postes et de moyens ne cesse de dégrader les conditions de travail, le service rendu aux usagers, la capacité́ pour l’établissement de remplir ses obligations universitaires.

FO confirme son opposition à cette logique et réaffirme que ce plan d’économie doit être abandonné. S’agissant des hôpitaux, à Marseille comme ailleurs, il faut annuler leurs dettes et leur octroyer des crédits complémentaires.

 

Audrey Jolibois secrétaire Générale du Syndicat FO :  »

Hospitaliers Marseillais

Une dette qui n’est pas la leur !

 

 

 

Comment en est on arrivé là ?

Jean Olivier ARNAUD nouveau DG de l’APHM répond :

Ces problèmes sont malheureusement connus a répondu le nouveau DG aux agents. « L’APHM vit sous perfusion avec un milliard de dettes, des difficultés à payer ses fournisseurs. »

« le CHU souffre d’un problème de ressources financières, humaines, médico techniques. ».

Le nouveau DG s’interroge toutefois : « cette situation ne date pas d’hier, comment en est on arrivé là alors que d’autres établissements comparables n’ont pas les mêmes difficultés ? Ma tâche sera de comprendre cela et d’y remédier. »

Celui-ci ne fait pas de promesses aux agents sur une future aie de l’Etat. « Aujourd’hui personne ne nous tiendra la main. Il y a un effort de lucidité à faire pour trouver des solutions. »

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *